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Décoration d’intérieur et mobilier vintage

Biot : le verre bullé, ou comment un village de Provence a fait d’un défaut une signature

Biot : le verre bullé, ou comment un village de Provence a fait d’un défaut une signature

Septembre. La lumière baisse, elle se dore, et on voudrait retenir l’été un peu plus longtemps. Sur une table, un verre épais, teinté d’ambre ou de bleu, traversé de milliers de petites bulles, semble garder le soleil en réserve. C’est le verre de Biot : né en 1956 au pied du village des Alpes-Maritimes, il a fait du pire cauchemar des verriers — la bulle — une signature reconnaissable entre mille.

Carafe en verre bullé de Biot bleu, signée Biot 2012

1956 : Éloi Monod et la naissance d’une verrerie

Tout commence avec un ingénieur céramiste, major de l’École de Sèvres : Éloi Monod. Installé à la Poterie Provençale de René Augé-Laribé, dont il épouse la fille Lucette, il fonde avec elle la Verrerie de Biot en 1956. Leurs objets du quotidien — verres, bouteilles, bocaux — à la transparence colorée et traversée de bulles rencontrent tout de suite le succès. L’atelier devient aussi une pépinière : Jean-Claude Novaro, Alain Begou, Robert Pierini y font leurs armes. Elle existe toujours aujourd’hui, et on peut toujours y voir souffler les verriers.

Le verre bullé : un défaut devenu une signature

Depuis toujours, la bulle est le cauchemar du verrier : signe d’une fusion imparfaite, elle fait le verre « malfin ». À Biot, on a choisi de la provoquer : du bicarbonate de soude, saupoudré sur le verre chaud puis recouvert d’une seconde couche, libère en se décomposant de petites bulles régulières, prisonnières entre les deux couches. Chaque bulle fait effet de loupe : elle accroche la lumière et la réfracte. Le verre semble vivant. Le défaut est devenu un style.

Grand vase en verre bullé de Biot, années 60

Reconnaître une vraie pièce de Biot

Trois repères. Les bulles d’abord : régulières et réparties dans toute l’épaisseur, jamais un défaut isolé. La matière ensuite : un verre épais, soufflé bouche, souvent ambre, bleu profond ou vert. La signature enfin : certaines pièces portent « Biot » gravé sous la base, parfois avec une année — mais beaucoup d’anciennes ne sont pas signées, et l’ensemble (bulles, épaisseur, couleur, forme) compte plus que la gravure.

Signature Biot gravée sous le pied d'une flûte ambrée
La signature « Biot » gravée sous le pied de la pièce – ici, une flûte ambrée.
Duo de flûtes en verre de Biot ambré

Vivre avec le verre de Biot

C’est un verre qui aime la lumière, donnez-lui-en. Une carafe bleue se suffit sur une table en bois clair ; les verres s’accumulent avec bonheur plutôt qu’ils ne s’assortissent ; les bougeoirs ambrés font leur plus bel effet quand tombe le soir. Et Biot, avant d’être la cité des verriers, fut un village de potiers — c’est d’ailleurs à la Poterie Provençale qu’Éloi Monod s’est installé : ses grosses poteries sont donc les compagnes toutes naturelles du verre bullé, avec les céramiques de Vallauris toutes proches.

Série de verres à eau en verre de Biot bleu
Duo de bougeoirs en verre ambré de Biot
Grosse poterie de Biot

Chez Bindies, on aime sa lumière, son épaisseur et ce défaut assumé qui le rend vivant sur une table. En ce moment : carafe bleue signée 2012, grand vase bullé des années 60, petit vase bullé signé, verres à eau et à shot, coupelles, bougeoirs et flûtes ambrées, pot à couvercle de liège, grosse poterie et flûtes à champagne. À retrouver sur bindies.fr, ou à l’atelier sur rendez-vous.

Sources

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